Vous promenez votre chien dans un parc, il se roule dans l’herbe, et le soir vous retirez une petite tique accrochée derrière son oreille. La plupart du temps, l’incident se termine là, sans conséquence. Mais ces minuscules créatures transportent parfois des passagers invisibles aux pouvoirs pathogènes.

Des chercheurs algériens ont justement cherché à savoir quelles bactéries de la famille des Rickettsies circulaient chez les tiques et les puces prélevées sur des animaux domestiques et sauvages. Leur travail, publié dans le Journal of Arthropod-Borne Diseases [1], dresse un portrait inédit et préoccupant de la situation dans le nord-ouest et le sud du pays.

Une collecte sur le terrain

L’équipe a récolté près d’un millier d’arthropodes — 609 tiques et 375 puces — directement sur des chiens, des hérissons, des bovins et des rongeurs. Au laboratoire, 193 tiques et 105 puces ont été soumises à des tests moléculaires capables de repérer l’ADN des bactéries recherchées.

La pêche a été fructueuse. En considérant qu’un seul individu était porteur par lot analysé, le taux d’infection minimal global est estimé à 6,37 %. Ce chiffre ne reflète qu’une partie de la réalité à cause de la technique utilisée, mais il prouve que ces pathogènes sont bien présents dans l’environnement proche des humains.

Parmi les résultats marquants, la bactérie Rickettsia massiliae a été détectée dans 1 des 68 tiques de l’espèce Rhipicephalus sanguineus examinées, soit une tique brune du chien. Cette rickettsie peut provoquer chez l’humain une fièvre boutonneuse méditerranéenne, une maladie qui se traduit par de la fièvre, des maux de tête et une éruption cutanée.