Perdre beaucoup de poids peu après un diagnostic de diabète de type 2 pourrait-il protéger durablement le cœur, les reins ou les yeux ? Pour répondre à cette question, des chercheurs britanniques ont suivi plus de 70 000 adultes obèses et comparé leur évolution selon les changements de poids observés au cours des deux premières années suivant le diagnostic.
Leur constat, issu des données de soins primaires au Royaume-Uni, est frappant. Parmi ces patients, ceux qui ont perdu au moins 15 % de leur poids dans les deux premières années après le diagnostic ont connu, par la suite, environ 14 % d’événements cardiovasculaires majeurs en moins (infarctus du myocarde, angine de poitrine, etc.) par rapport à ceux dont le poids est resté stable. Le même écart favorable se dessine pour les atteintes des petits vaisseaux : le risque de complications microvasculaires comme la maladie rénale chronique ou la rétinopathie était réduit d’environ 10 %. [1]
Pourquoi le poids pèse-t-il si lourd sur les vaisseaux ?
Ces chiffres ne sortent pas de nulle part. Le diabète de type 2 et l’excès de poids partagent un terreau commun : une inflammation chronique et une résistance à l’insuline qui abîment silencieusement la paroi des artères comme celle des plus fins capillaires des reins et des yeux. Perdre une quantité significative de poids, surtout au début de la maladie, pourrait donc alléger cette agression continue. Le corps, ainsi soulagé, gérerait mieux le sucre, freinerait l’inflammation et protégerait ses vaisseaux. Une sorte de remise à zéro partielle avant que les dégâts ne s’accumulent.