Les oreillons font rarement la une. Pourtant, cette maladie infantile, souvent banalisée, peut entraîner des complications sérieuses comme des méningites ou des pertes d’audition. Aujourd’hui, une analyse des données de surveillance en Russie tire la sonnette d’alarme : entre 2007 et 2024, l’incidence des oreillons a augmenté dans le pays, avec une croissance annuelle moyenne estimée à 7,8 % [1].
De jeunes enfants en première ligne
L’étude, basée sur les relevés de l’Organisation mondiale de la santé et des formulaires fédéraux russes, montre que deux groupes d’âge concentrent la majorité des cas. Les enfants de 7 à 14 ans représentent 20,3 % des malades, juste devant les 3-6 ans, qui comptent pour 19,9 % des infections. Dans ce dernier groupe, le taux d’incidence grimpe même à 3,19 cas pour 100 000 enfants [1].
Ces chiffres pourraient toutefois sous-estimer la réalité. L’étude repose sur des données de surveillance administrative, et non sur des dossiers médicaux individuels. Autrement dit, certains cas bénins ou non diagnostiqués pourraient ne pas avoir été comptabilisés.
Le trou vaccinal de la pandémie
Pour les chercheurs, cette hausse coïncide avec une fragilité bien identifiée : la couverture vaccinale. Avec la pandémie de Covid-19, les campagnes de vaccination de routine ont été perturbées dans de nombreux pays. En Russie, le rattrapage est encore incomplet. En 2024, la couverture vaccinale contre les oreillons n’avait toujours pas retrouvé ses niveaux d’avant la crise sanitaire [1].
Un indicateur est particulièrement révélateur : en 2023, seulement 71,27 % des enfants avaient reçu leur dose de rappel. Le chiffre est remonté à 92,3 % en 2024, mais l’étude souligne qu’il reste du chemin à parcourir. Par ailleurs, les enfants russes ne bénéficient d’une protection complète qu’à l’âge de 24 mois, un délai qui pourrait laisser une fenêtre de vulnérabilité.