Dans plusieurs sociétés africaines, l’excision continue de se transmettre au sein des familles et des communautés. Pas partout, pas de la même manière, ni pour les mêmes raisons. Selon les contextes, elle peut relever de normes anciennes, d’attentes sociales, de représentations du corps féminin ou de la place qu’une fille devra occuper une fois devenue femme.
C’est précisément ce qui rend le sujet plus complexe qu’une opposition entre « tradition » et « modernité ».
Car derrière les discours, il y a un geste réel. Et derrière ce geste, des questions que l’on peut désormais examiner autrement : non pas seulement à partir de ce que les communautés en disent, de ce que les militants en dénoncent ou de ce que les institutions recommandent, mais à partir de ce que les recherches permettent effectivement d’observer.
Cette confrontation est essentielle. Certaines affirmations autour de l’excision sont anciennes. D’autres se sont transformées avec le temps. Certaines relèvent du social, d’autres empruntent désormais le langage de la médecine. Toutes ne peuvent pas être évaluées de la même manière.
Et surtout, l’histoire ne s’arrête pas au moment où l’excision est pratiquée. Pour des millions de femmes, en Afrique comme dans les diasporas, le geste a déjà eu lieu. À la question de la prévention s’en ajoute alors une autre : comprendre ce qu’il signifie aujourd’hui pour leur santé, leur corps et les choix qui peuvent encore leur être proposés.
Ce Dossier part de cette tension : entre ce qui se transmet, ce que l’on affirme, ce que l’on peut démontrer et ce qu’il reste possible de faire.





