Et si une promenade quotidienne contribuait à réduire le risque de mourir prématurément ? Une méta-analyse publiée en 2023 a réuni 17 études de cohorte, soit 226 889 participants suivis pendant une durée médiane de 7,1 ans [1].

Son résultat général est cohérent : plus le nombre de pas quotidiens augmente, plus le risque de mortalité toutes causes ou cardiovasculaire tend à diminuer. L’association apparaît dès des niveaux bien inférieurs aux 10 000 pas souvent présentés comme une norme universelle [1].

D’où viennent les chiffres de 2 337 et 3 867 pas ?

Les auteurs ont observé une baisse statistiquement significative du risque cardiovasculaire à partir d’environ 2 337 pas par jour et du risque de mortalité toutes causes à partir d’environ 3 867 pas [1]. Ces nombres ne sont pas des frontières biologiques. Faire 3 866 pas ne rend pas la marche inutile, pas plus que 3 868 pas ne garantit une protection.

Il s’agit de points repérés dans une courbe dose-réponse construite à partir d’études différentes. L’information la plus solide est la tendance générale : chaque augmentation de 1 000 pas par jour était associée à une baisse d’environ 15 % du risque de mortalité toutes causes dans l’analyse, et 500 pas supplémentaires à une baisse d’environ 7 % du risque cardiovasculaire [1].

Une association, pas une ordonnance

Les études incluses sont observationnelles. Elles montrent que les personnes qui marchent davantage meurent moins souvent pendant le suivi, après ajustement pour plusieurs facteurs. Elles ne prouvent pas que l’ajout d’un nombre précis de pas provoque à lui seul cette baisse.

Les personnes capables de marcher beaucoup peuvent être en meilleure santé dès le départ. Elles peuvent aussi avoir une alimentation différente, un meilleur accès aux soins ou moins de limitations physiques. Les chercheurs tentent de corriger ces différences, mais aucun modèle statistique ne les élimine parfaitement.

Le bénéfice semble continuer au-delà

La courbe ne montre pas un plafond net à 10 000 pas. Dans cette méta-analyse, le risque continuait généralement de diminuer avec un nombre plus élevé de pas, jusqu’aux valeurs les plus hautes observées. Cela ne signifie pas que chacun doit poursuivre un objectif toujours plus élevé, surtout en cas de maladie, de douleur ou de risque de chute.

L’âge, l’état de santé et les capacités physiques doivent guider la progression. Pour une personne très sédentaire, passer de peu de mouvement à quelques promenades régulières peut être plus réaliste et plus utile que viser immédiatement un chiffre populaire.

Le message utile

Cette recherche ne transforme pas le podomètre en médicament. Elle renforce toutefois une idée simple : même une quantité modeste de marche est associée à un avantage mesurable, et davantage de mouvement semble généralement préférable à l’inactivité.

Le bon objectif n’est donc pas un nombre magique identique pour tous. C’est une progression adaptée, régulière et compatible avec sa santé. Pour les personnes qui vivent avec une maladie cardiovasculaire, un handicap ou des symptômes à l’effort, cette progression doit être discutée avec un professionnel.