Imaginez recevoir un vaccin sans savoir combien de temps il vous protégera. C’est la situation vécue par des milliers de personnes en Afrique centrale et de l’Est, où le mpox continue de circuler. Pourtant, une nouvelle étude pourrait bientôt changer la donne.
Des chercheurs de l’étude MpoxVax AFRIVAC viennent de publier le plan détaillé d’un essai clinique qui suivra des centaines de volontaires en Ouganda, en Tanzanie et en République démocratique du Congo [1]. Leur objectif : mesurer la persistance des défenses immunitaires après la vaccination contre le mpox, une maladie virale qui provoque fièvre, éruptions cutanées et douleurs.
Une réponse immunitaire encore floue
Le vaccin utilisé, appelé MVA-BN, a déjà fait ses preuves. Mais une question cruciale demeure : combien de temps les anticorps restent-ils actifs dans le corps, en particulier chez les personnes vivant avec le VIH ? Jusqu’à présent, les données manquaient cruellement pour les populations africaines, pourtant les plus touchées.
L’étude prévoit d’observer les participants pendant 48 semaines, en mesurant régulièrement le taux d’anticorps spécifiques dans leur sang. L’idée est de tracer une courbe : à quel moment la protection commence-t-elle à décliner ? Une information précieuse pour adapter les futures campagnes de vaccination.
Un suivi au long cours
Le protocole, publié dans la revue BMJ Open, est une première étape essentielle. Il ne contient encore aucun résultat, mais il pose les bases d’une recherche rigoureuse. Les scientifiques analyseront aussi l’influence de facteurs comme l’âge, le sexe ou la présence du VIH sur la réponse immunitaire.
Ces données pourraient aider à personnaliser les stratégies vaccinales. Par exemple, faudra-t-il une dose de rappel pour certains groupes ? Le vaccin est-il aussi efficace chez les femmes ? Autant de questions auxquelles l’étude MpoxVax AFRIVAC tentera de répondre.
Des découvertes venues d’ailleurs
En attendant ces résultats, d’autres travaux apportent des éclairages. Une recherche publiée dans JAMA a montré que quelques personnes avaient contracté le mpox juste après une première dose de vaccin [2]. Un signal qui rappelle l’importance d’un schéma vaccinal complet.
Par ailleurs, une étude sur des macaques suggère qu’espacer le rappel de deux mois au lieu de deux semaines pourrait renforcer la qualité des anticorps [3]. Une piste intéressante, mais qui devra être confirmée chez l’humain.