L’essentiel : le diabète peut rester non diagnostiqué ou être insuffisamment suivi lorsque l’accès aux soins est difficile. Dans la Région africaine de l’OMS, 46 % des personnes diabétiques connaissaient leur statut en 2022. Ce chiffre concerne toute la Région africaine de l’OMS : il ne décrit pas à lui seul l’Afrique francophone ni un pays francophone particulier.

Le problème ne se résume pas à une décision individuelle de consulter. L’OMS décrit plusieurs freins au dépistage : le manque de structures et d’équipements, un nombre insuffisant de professionnels formés, l’accès limité aux établissements de santé et une sensibilisation insuffisante au diabète.

Quand le lieu des soins devient un obstacle

Dans le cadre régional étudié par l’OMS, les services de diabétologie sont concentrés dans de grands hôpitaux, alors que l’offre est plus limitée dans les soins primaires, c’est-à-dire les services de santé de premier recours. La distance géographique, la disponibilité des services, les pénuries de personnel formé et des capacités diagnostiques limitées peuvent donc compliquer le dépistage comme le suivi. Les sources ne permettent toutefois pas de dire lequel de ces obstacles pèse le plus.

Le suivi ne dépend pas seulement de la possibilité d’obtenir un diagnostic. Des études qualitatives rapportent aussi de longues attentes, des files d’attente, peu de temps consacré aux patients et l’indisponibilité de médicaments. Dans plusieurs études d’Afrique de l’Ouest, la continuité du suivi, la coordination des soins et l’éducation à l’autogestion sont décrites comme insuffisantes. La revue qui rassemble ces études inclut surtout des travaux menés au Nigeria et au Ghana, ainsi qu’une seule étude au Sénégal : elle ne permet donc pas de généraliser ces constats à l’Afrique francophone. Ces résultats signalent des difficultés d’organisation des soins ; ils ne mesurent pas leur fréquence dans toute l’Afrique.

Le coût peut interrompre la continuité des soins

Les coûts des soins et le paiement direct sont documentés comme des barrières dans certains contextes d’Afrique de l’Ouest. À l’échelle de la Région africaine de l’OMS, l’accès aux médicaments, aux outils diagnostiques et aux technologies est décrit comme limité et souvent inabordable.

L’OMS indique que, dans les contextes régionaux documentés, l’achat de 10 mL d’insuline peut représenter entre 2,2 et 15,6 jours de salaire pour le travailleur public non qualifié le moins payé. Cette donnée ne donne ni un coût moyen pour les patients ni une mesure propre aux pays francophones. Elle ne permet pas non plus de classer les dépenses selon leur importance.

Les facteurs socioculturels : un contexte, pas une faute

Des études africaines, notamment d’Afrique de l’Ouest, rapportent que certaines représentations du diabète, des barrières de communication, des pratiques de soins concurrentes, le recours à la médecine traditionnelle et des rôles familiaux peuvent influencer l’accès aux soins ou leur utilisation. Des représentations culturellement spécifiques peuvent aussi affecter l’autogestion du diabète de type 2 dans les études incluses.

Ces résultats ne décrivent pas une culture unique et ne permettent pas d’attribuer les retards de soins à la culture d’une personne. Ils ne démontrent pas non plus qu’un facteur particulier cause, à lui seul, un retard de dépistage. Les pratiques culturelles peuvent également être mobilisées dans des interventions adaptées.

Pourquoi les retards comptent

Un diabète non diagnostiqué ou mal pris en charge peut, avec le temps, entraîner des atteintes graves des yeux, des reins et des nerfs. Il peut aussi augmenter le risque de perte de vision et d’amputation. L’OMS évoque également des complications touchant le cœur et une contribution possible à une mort précoce.

Il faut lire ce lien avec précision : les obstacles à l’accès et au suivi peuvent compliquer la détection et la prise en charge, tandis qu’un diagnostic tardif ou une mauvaise prise en charge exposent à des complications. Les sources fournies n’indiquent pas quelle complication survient chez quelle personne, ni à quelle fréquence dans l’Afrique francophone.

Des pistes de renforcement, sans promesse excessive

L’OMS propose de renforcer les soins primaires et communautaires, d’intégrer le diabète aux services existants, d’améliorer l’orientation des patients et de sécuriser l’accès aux médicaments, aux diagnostics et aux technologies. L’initiative PEN-Plus est également présentée comme une stratégie régionale visant à améliorer l’accès au diagnostic, au traitement et aux soins.

Ces mesures sont des priorités proposées, non une preuve que leur mise en œuvre produit déjà partout les mêmes résultats. Le cadre régional souligne que les plans nationaux restent incomplètement mis en œuvre, et les sources fournies ne permettent pas d’établir l’efficacité durable de ces stratégies.

Le point à retenir est donc simple : le non-diagnostic et le suivi insuffisant ne s’expliquent pas par un seul obstacle. Ils peuvent résulter d’un enchaînement de contraintes géographiques, matérielles, financières et sociales. Les mesures proposées par l’OMS visent à lever une partie de ces contraintes et à améliorer l’accès au diagnostic et à la prise en charge.